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Une réunion publique à Saint-Ouen qui se passe bien pour Mme Rouillon et M. Planque, ce n'est pas si fréquent. Mais il faut dire que la réunion de concertation sur le prolongement de la ligne 14, organisée le 9 février 2010 à la salle Barbara, n'était pas une réunion municipale. D'ailleurs, c'est un public assez différent de celui qui fréquente habituellement les réunions publiques, avec nombre de non-Audoniens, qui était venu à l'invitation du STIF (Syndicat des transports d'Ile-de-France). De manière unanime, les participants – dont les élus de Saint-Ouen – ont exprimé leur inquiétude. Chacun se réjouit du prolongement de la ligne 14. Mais personne n'admet que ce projet suffise à « désaturer » la ligne 13 ni, a fortiori, qu'il soit à même de répondre aux besoins futurs de Saint-Ouen et des communes voisines.
Le principe du prolongement de la ligne 14 ne suscitant aucune opposition (même si certains s'interrogent sur son trajet), les débats ont porté principalement sur d'autres points: - la situation actuelle de la ligne 13,
- les solutions à court terme susceptibles de pallier la saturation,
- les solutions à long terme susceptibles de garantir une desserte adéquate de Saint-Ouen et des communes voisines, compte tenu de la croissance prévisible de la population.
Une situation actuelle inacceptable Pour ce qui est de la situation actuelle, on notera une forte divergence d'opinion entre ceux qui gèrent la ligne et ceux qui l'utilisent tous les jours. Pour le STIF, la ligne est chargée, certes, mais la situation reste acceptable. D'ailleurs, le document diffusé à cette occasion (p. 14) prétend que « le taux de charge de la ligne devrait ainsi être stabilisé à court et moyen terme (d'aujourd'hui à l'horizon 2017) ». Pour les usagers, en revanche, la situation est aujourd'hui inacceptable. La promesse de maintenir les choses en l'état jusqu'en 2017 ne répond donc en aucune façon aux urgences. Les protestations unanimes ont été consignées ; il n'est pas clair qu'elles aient été entendues. Un besoin urgent de bus Concernant le court terme, le STIF présente avant tout des solutions techniques qui, en optimisant le fonctionnement de la ligne 13, permettraient de réduire (un peu) les intervalles entre rames. En outre, les nouvelles rames autorisent un meilleur entassement des voyageurs. Mais dans la mesure où les données techniques présentées (intervalle de 1'35" en heure de pointe sur le tronçon central) sont sans rapport avec l'expérience concrète des usagers, le moins qu'on puisse dire est que le message ne passe pas. Ce que les usagers réclament avant tout, c'est le renforcement des dessertes en bus, avec notamment le prolongement de lignes qui s'arrêtent aujourd'hui aux portes de la ville : 66, 81, 95. Et cela, le STIF ne le prévoit pas. 14 + 4 = trajet agréable ? Quant au long terme, le sentiment unanime des participants est que le prolongement souhaitable de la ligne 14 ne saurait suffire. En particulier, le prolongement de la ligne 4 – dont le STIF ne semble pas vouloir entendre parler – est plébiscité. De même, un large accord existe sur la possibilité et la nécessité d'améliorer les fréquences sur le RER C, dont le STIF, manifestement, ne fait pas une priorité. Cet accent sur les solutions multiples qu'exige un problème aux dimensions multiples correspond au voeau adopté par le Conseil municipal lors de sa séance du 25 janvier 2010. Dès lors, l'alignement était parfait entre les positions exprimées par les Audoniens et par leurs élus. Desserte des Docks : les contradictions de Mme Rouillon Reste toutefois un gros problème. Comme Convergence citoyenne l'a déjà signalé à de nombreuses reprises, le projet des Docks, tel qu'il est défendu par la majorité municipale, suppose que le prolongement de la ligne 14 suffit à la desserte du nouveau quartier. Puisque, de l'aveu public de Mme Rouillon et M. Planque, cette desserte est – sur la base des projets actuels – totalement insuffisante, ce sont les Docks qui ne tiennent pas la route. Est-ce pour cela que le Journal de Saint-Ouen ne consacre qu'une vignette (p. 6) à cette question majeure ? Contradiction flagrante, en tout cas, que les citoyens ne pourront laisser passer. |