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La percée d'Europe Écologie aux élections européennes de 2009 a suscité enthousiasme, intérêt, voire convoitise. C'est évidemment le cas à Saint-Ouen plus qu'ailleurs. La décomposition de la majorité municipale crée à la fois la possibilité et la nécessité de nouvelles forces et de nouveaux rapprochements. Et nul ne niera que l'écologie doive être au centre de toute recomposition politique à gauche. Le problème, c'est qu'à Saint-Ouen, un désaccord entre les Verts et l'ASOEA quant à savoir qui est habilité à parler au nom d'Europe Écologie en entrave l'action et la visibilité.
Selon les informations dont nous disposons, cette querelle locale aurait trouvé une solution temporaire quelque peu surprenante. Personne à Saint-Ouen n'est habilité à apposer l'appellation Europe Écologie auprès de son nom pendant la campagne des régionales. En revanche, le matériel de campagne est la disposition de toute personne souhaitant soutenir la liste Europe Écologie, et des réunions publiques peuvent être organisées par les Verts ou par l'ASOEA en mentionnant leur soutien à Europe Écologie, sans cependant que ces réunions soient validées par la campagne officielle. Convergence citoyenne n'a nullement vocation à intervenir dans les querelles internes aux forces politiques. Et on ne peut que spéculer quant aux conséquences de cette configuration inhabituelle sur les perspectives électorales d'Europe Écologie. Deux commentaires généraux, cependant. Tout d'abord, on touche peut-être ici aux limites de la formule à première vue séduisante qui consiste à contourner la forme "parti", supposée ringarde, voire obsolète, en créant d'autres structures, plus ouvertes et plus plurielles. A cet égard, on ne peut que s'étonner des la réponse que l'on trouve sur le site même d'Europe Écologie à la question « qui sommes-nous ? » : « Europe Ecologie est le rassemblement de citoyen-nes né d'une ambition : celle de fédérer le "peuple écologiste" en vue des élections européennes du 7 juin 2009, avec des candidats dans les huit circonscriptions autour de personnalités (Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly), militant-es issus du monde syndical et associatif (José Bové, Jean-Paul Besset, Sandrine Bélier, Yannick Jadot), ou de mouvements politiques (Hélène Flautre, Michèle Rivasi) ».
Que penser d'un mouvement, ou d'un « réseau social » dont l'identité – sinon la stratégie – est en retard d'une élection et dont la campagne régionale ne se présente que comme prolongement du succès aux européennes ? Les avantages sont assez évidents, notamment pour toucher tous ceux qui ne croient plus aux partis. Mais les inconvénients ne sont pas moins manifestes, comme en témoignent les péripéties audoniennes. Ensuite, et surtout, on ne pourrait que regretter que la consolidation d'un véritable pôle politique de l'écologie – dont le paysage politique audonien a grand besoin – soit entravée par des querelles inutiles. Quelle qu'en soit la forme, cette énergie-là est indispensable. |